lundi 10 août 2026

Florence Gauthier : la question coloniale sous la Révolution

  
 
L’Empire colonial du Roi de France dans les Antilles connut des révoltes d’esclaves au moment où commençait la Révolution en France. Le vote de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 août 1789, suscita un immense intérêt pour les esclaves de la colonie de Saint-Domingue, qualifiée de "Perle des Antilles", parce qu’elle était à cette époque la 1ère productrice de sucre de l’Amérique esclave. 
Florence Gauthier revient sur cette révolte jusqu’au vote du Nouveau peuple de St-Domingue qui abolit l’esclavage sur son sol (24 août 1793). La conférence aborde également la Déclaration d’Indépendance (1804) de cette nouvelle République d’Haïti, qui mit un terme à la colonisation. 
Après avoir soutenu sa 1re thèse d’Histoire à la Sorbonne en 1975, sous la direction du Professeur A. Soboul, Florence Gauthier est rentrée comme Assistante en Histoire moderne à l’Université Paris 7, dans l’UFR Géographie, Histoire, Sciences de la société (GHSS). En 1986, elle y a été nommée maîtresse de conférences puis a soutenu avec succès une Habilitation à diriger les recherches en 2002. Retraitée depuis 2012, elle a fait toute sa carrière universitaire d’enseignante-chercheuse à Paris 7. 

 

vendredi 17 avril 2026

La guerre des farines, Marion Sigaut

 


"Dogmatique mais pas cupide"... Le portrait de Turgot, esquissé ci-dessus par Marion Sigaut, mérite qu'on s'y attarde.

Nommé contrôleur général en 1774, Turgot va tour à tour supprimer la corvée et la police des grains, avant de s'en prendre aux jurandes et aux maîtrises. Toutes ces décisions obéissaient à une logique chiffrée. Ainsi, Turgot estimait à 40 millions de livres les pertes occasionnées par la corvée, impôt d'autant plus injuste que les propriétaires en étaient largement exemptés. Concernant les corporations, Turgot réclamait leur suppression pure et simple,  reprochant à ces institutions leurs "abus" et autres "exactions".

Ces premières réformes adoptées, Turgot va saisir le roi d'autres projets encore plus audacieux.

A commencer par la réforme de l'état avec la mise en place d'un système représentatif assis sur des assemblées municipales, cantonales, puis provinciales... lesquelles auraient envoyé leurs représentants respectifs à ce que Turgot nommait "la grande municipalité du royaume".  A charge pour elle de débattre de sujets aussi explosifs que la répartition de l'impôt, l'abolition des droits féodaux ou encore la liquidation des biens ecclésiastiques ! Ce projet aurait inspiré au roi les propos suivants : "l'idée de former des Etats Généraux perpétuels est subversive de la Monarchie, qui n'est absolue que parce que l'autorité n'est point partagée... Les idées de M. Turgot sont extrêmement dangereuses et doivent roidir contre leur nouveauté".

Dès lors qu'il eut ligué contre lui l'aristocratie et le clergé, Turgot comprit que son temps était passé.  Au moment de quitter ses fonctions, il adressa ces dernières paroles au jeune Louis XVI : "N'oubliez jamais, Sire, que c'est la faiblesse qui a mis la tête de Charles Ier sur un billot".

Il nous faudra revenir à cet épisode de la "guerre des farines", mon prochain roman y étant très largement consacré. A très bientôt.