mardi 30 octobre 2012

Prochaines rencontres

Les 17 et 18 novembre, je serai présent au salon du livre de VALOGNES (50), pour deux journées de rencontres autour du siècle des Lumières.
A noter la présence d'Yves Pouliquen, académicien auteur de Félix Vicq d'Azyr, les Lumières et la Révolution (Odile Jacob).
Pour plus de renseignements :


Le dimanche 25 novembre, direction LEVALLOIS (92) où se tient le salon du roman historique. A noter les présences d'Amin Maalouf (parrain de cette édition), Françoise Chandernagor, Daniel Picouly, Tahar Ben Jelloun, Mireille Calmel...
Pour plus de renseignements :


vendredi 26 octobre 2012

Culture et Bibliothèque pour Tous

 
 Ce très gentil article rend compte de notre rencontre d'octobre.




"Jean-Jacques Rousseau à Bourges

2012 a été dans nos bibliothèques l’occasion de fêter le Tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, un grand nombre de manifestations ont eu lieu, surtout dans les régions marquées par son passage .
S’il a séjourné à Chenonceau, rien n’indique évidemment, que Rousseau soit passé à Bourges !
Et pourtant nous avons saisi l’occasion de la publication du dernier ouvrage d’Olivier Marchal, professeur de Lettres à Bourges, auteur de deux romans historiques :
Rousseau, La Comédie des masques Ed Télémaque 2011 ( folio 2012)
Rousseau, Le Voile déchiré Ed Télémaque 2012
Occasion rêvée donc, pour solliciter Olivier Marchal et célébrer Rousseau, à Bourges, avec une animation et une vitrine qui rendaient un bel hommage au philosophe, à l’écrivain et surtout à l’homme .
En invitant nos lecteurs et un public plus large, à rencontrer Olivier Marchal le mercredi 10 octobre au Salon du Best Western Hôtel d’Angleterre , c’est effectivement le personnage de Rousseau, ses paradoxes, ses contradictions, avec la société du XVIIIè siècle, avec les autres philosophes, pour la plupart ses amis du début , et les difficultés du romancier aux prises avec la biographie, l'essai historique avec une époque en pleine effervescence, que nous voulions faire découvrir .
A l’aide d’un PowerPoint, support de reproductions de gravures, de portraits ou de textes , Olivier Marchal a pu justifier son choix de la fiction pour évoquer Rousseau . Fort nombreuses sont les biographies qui lui ont déjà été consacrées et qui n’élucident pas vraiment les zones d’ombre de sa vie .
La biographie nécessite des prises de positions de la part de l’auteur, des certitudes, ce qui n’est pas évident avec Rousseau, qui a préféré lui-même se peindre de profil dans Les Confessions . La fiction au contraire donne libre cours à l’interprétation, à la mise en scène des personnages : d’autant que le point de vue romanesque différent dans les deux romans, permet une confrontation originale .
De ce fait, l'animation était plutôt axée sur le parti pris romanesque qu'a choisi Olivier Marchal : montrer comment cette société avec ses codes, ses exigences, ses contraintes , ses aspirations à l'argent, au pouvoir... avait plombé tout idéal . De sorte que les philosophes, tout en essayant de défendre leurs idées dans les Salons, seuls lieux d'ailleurs où ils pouvaient librement s'exprimer, y perdaient leur indépendance, leur liberté, voire leur idéal . La plupart acceptant de se compromettre avec les gens en place dans ces Cercles où les rivalités, les comparaisons faisaient que tous s'épiaient, toujours sur le qui-vive, prêts à dénoncer l'hypocrisie, la trahison des uns et des autres , dans ces cénacles censément intellectuels, où triomphaient non pas la probité, l'intelligence, mais la jalousie et la tyrannie .
La fiction permet ainsi dans La Comédie des masques par un jeu de regards croisés prenant le lecteur à témoin, de montrer comment Rousseau d’abord convoité pour ses idées originales par « les Salonnières », va progressivement affronter ses amis dans les Cercles où les polémiques, les critiques viseront à le ridiculiser, voire à l’humilier, l’incitant à se retirer du monde, à quitter son habit de soie pour un vêtement de bure .
Avec Le Voile déchiré, Olivier Marchal introduit un personnage nouveau, un regard neuf et tel un enquêteur dans un thriller, Bernardin de Saint Pierre de retour des ïles, va chercher à comprendre les raisons de tant de violences qui opposent Rousseau à Diderot, d’Alembert, d’Holbach, Grimm, Voltaire …tous ceux qui furent pourtant naguère , comme lui, enthousiasmés par les idées nouvelles des Lumières .
Bernardin de Saint Pierre va entendre les arguments des uns et autres et revenir près de Rousseau auquel il reste fidèle, grâce à lui, le lecteur éprouve une telle empathie, sans doute à l’instar d’ Olivier Marchal, qu’il lui sera bien difficile de prendre parti .
Telle fut la gageure du romancier de ménager jusqu’à la fin un effet de suspense avec la complicité du lecteur .
Une cinquantaine de personnes a été fascinée par la passion qui anime Olivier Marchal depuis des années, par son travail de romancier, et a vivement manifesté son intérêt et son plaisir lors de la séance de dédicaces . Quant à Olivier Marchal, surpris par l’accueil aussi enthousiaste de l’assistance , c’est sur son blog qu ‘il a confirmé le succès de notre animation :


« Un grand merci à l'association Culture et Bibliothèques Pour Tous pour cet agréable après-midi » http://lacomediedesmasques.blogspot.fr/"


S.D.



lundi 22 octobre 2012

Balade littéraire dans le Paris du XVIIIè siècle (3)

Entre Saint-Roch et le Palais-Royal, plusieurs adresses méritent d'être mentionnées.

 Faisant face à la Place du Palais-Royal, on trouve tout d'abord le célèbre café de la Régence (en 1, près de l'angle de la rue St Thomas du Louvre et de la rue St-Honoré). Fréquenté par Rousseau et Diderot, il était le rendez-vous préféré des joueurs d'échecs.
La rue de Richelieu (2-3-4-5-7), qui longe le Palais-Royal, a elle aussi hébergé d'illustres personnages. C'est là que vécut le fermier général La Polinière, célèbre mécène de Rameau. Moins connu peut-être (mais lointain ancêtre de mon éditeur !), le receveur général Watelet habitait au nord du Palais, à l'angle de la rue de Richelieu et de la rue Neuve St-Augustin. Donnant sur la Palais, au n°46, se situait le café de Foy, lui aussi fréquenté par les Encyclopédistes. Enfin, au n°39 (7 sur ce document), la maison où mourut Diderot en 1784. 

Non loin de là (8), rue des Moulins, habitait d'Holbach (qu'on croise dans le tome 1 : la comédie des masques).

Un peu plus à l'ouest, rue Sainte-Anne (9), se trouvait l'hôtel particulier du philosophe et fermier général Helvétius.

Rousseau et Thérèse ont vécu quelque temps (vers 1745) rue Neuve des Petits Champs (10).

Toujours rue Sainte-Anne se trouve une maison (11) appartenant au marquis de Girardin, qui accueillera Jean-Jacques dans son château d'Ermenonville (en 1778).

Beaucoup plus haut dans la rue de Richelieu a disparu un hôtel ayant appartenu à Voltaire (12) et dans lequel sa nièce Mme Denis vécut jusqu'en 1790.

De l'autre côté du Palais-Royal (13), on croise la maison dans laquelle mourut le navigateur Bougainville.

Enfin, dans la future rue de Valois (14, vers l'actuelle Banque de France), Voltaire vécut durant deux années dans l'hôtel de Fontaine-Martel avec la baronne de Fontaine-Martel, alors âgée de plus de 70 ans. 

jeudi 18 octobre 2012

Balade littéraire dans le Paris du XVIIIè siècle (2)

Les grands salons parisiens, généralement tenus par la haute bourgeoisie financière, se concentrent dans le Faubourg Saint-Honoré et le Faubourg Saint-Germain. Dans sa description historique de la ville de Paris, Piganiol de la Force explique : "Jamais on n'a tant bâti dans Paris et dans ses faubourgs que pendant la minorité de Louis XV". En 1715, sur 20000 maisons qui sont à front de rue, il y en 4000 qui comportent une porte cochère. Elles se situent le plus souvent dans ce "Paris neuf des classes oisives et de leur domesticité"(Daniel Roche).

Ainsi, dans la rue Saint-Honoré, célèbre artère qui borde la Palais-Royal, les Tuileries, Saint-Roch et la place Vendôme (voir zone hachurée), on trouve tout d'abord l'Hôtel des Lalive (qui hébergèrent leur fils Denis d'Epinay et son épouse Louise). Il se situe à côté de la Place Vendôme, en face de l'entrée du couvent des Capucins. Lorsque Denis d'Epinay est rayé de la liste des fermiers généraux (en 1762), son épouse Louise s'installe dans la rue Sainte-Anne.
Un peu plus à l'ouest, en face du Couvent des Filles de l'Assomption (reconnaissable à sa coupole), se situe l'Hôtel de Madame Geoffrin. C'est ici, qu'à partir de 1750 (après la mort de son initiatrice Mme de Tencin), elle tint ses célèbres dîners du lundi et du mercredi.
rue Saint-Honoré, rive droite
 Précisons au demeurant que cette même Place Vendôme héberge alors des habitants extrêmement fortunés. Si les Dupin l'ont quittée en 1740 (pour la rue Plâtrière), on y croise d'autres fermiers généraux tels qu'Olivier de Montluçon ou Nicolas de la Garde, des receveurs des finances et même le chancelier d'Aguesseau.

Moins prestigieuse, la rive gauche accueille pourtant deux célèbres salonnières du XVIIIè siècle. En 1746, Mme du Deffand vient loger dans un grand appartement du couvent de Saint Joseph. Sur le plan de Turgot (au bas de l'image, rue Saint-Dominique), on distingue un vaste bâtiment ramassé autour de deux grands cours. Une partie de ce couvent était indépendante de celle où vivaient les soeurs et bénéficiait d'une entrée séparée sur la rue Saint-Dominique. On y louait des logements à des femmes seules, veuves ou séparées.
rue Saint-Dominique, rive gauche

 Une centaine de mètres plus haut, au coin de la rue Saint-Dominique et de la rue de Bellechasse, on trouve la maison que loue Mademoiselle de Lespinasse après sa rupture avec Madame du Deffand en 1764 (cf croix sur le plan). Elle loue les deuxième et troisième étages pour un loyer annuel de 950 livres. Au deuxième se trouvent le salon, une chambre à coucher, un salon de toilette et la chambre du personnel. Au troisième, la cuisine ainsi qu'une autre chambre. C'est ici que s'installe d'Alembert en 1765. C'est ce lieu modeste qui deviendra le centre intellectuel de Paris jusqu'à la mort de Louis XV. 
 (à suivre)

 

dimanche 14 octobre 2012

Balade littéraire dans le Paris du XVIIIè siècle (1)

L'Almanach Royal constitue évidemment une source de renseignements indispensable pour qui veut effectuer ce voyage dans le temps.
Rousseau connut de nombreux logements au cours de ses différents séjours à Paris. Les plus marquants demeureront :

-l'Hôtel St Quentin, situé rue des Cordiers, près de la Sorbonne. C'est ici qu'il rencontrera Thérèse Levasseur à son retour de Venise en 1744.

-Il déménage en 1747 et vient s'installer dans l'Hôtel Saint-Esprit, rue Plâtrière. Il est alors secrétaire de Mme Dupin, dont l'hôtel particulier se trouve dans la même rue (à côté de la communauté des Filles de Saint-Agnès et en face de l'Hôtel des Postes). C'est au cours de cette période qu'ont lieu les dîners hebdomadaires au Panier Fleuri, rue des Augustins, en compagnie de Diderot et Condillac.

-Début 1750, Rousseau se met en ménage avec Thérèse à l'Hôtel du Languedoc, rue de Grenelle Saint-Honoré. Il y demeure jusqu'en avril 1756, date à laquelle il emménage à l'ermitage de Montmorency.

Rousseau va rester absent de la capitale durant quatorze ans. Après cette longue période d'errance, il revient à Paris le 24 juin 1770. Il s'installe dans le même hôtel qu'en 1747, rue Plâtrière. A la fin de la même année, il emménage dans un deux pièces de cette même rue (au n°60 ?). Son adresse est alors "rue plâtrière proche l'Hôtel des Postes". C'est là que Bernardin de Saint-Pierre viendra lui rendre ses visites  à partir de 1772. 
la rue plâtrière, non loin de la place des Victoires et du Palais-Royal


mercredi 10 octobre 2012

Culture et Bibliothèque pour tous, Bourges

Un grand merci à l'association Culture et Bibliothèque pour tous pour cet agréable après-midi !

samedi 6 octobre 2012

Le château de la Chevrette (3)

L'achat du château de la Chevrette par Monsieur Lalive de Bellegarde (1731) illustre la volonté de ce financier issu de la roture d'imiter le mode de vie des aristocrates versaillais. A l'instar de Claude Dupin à Chenonceau, Monsieur Lalive est avant tout en quête d'honorabilité. Pendant les vingt ans où il y demeurera, Monsieur de Bellegarde n'aura de cesse d'embellir cet édifice déjà centenaire. Il commence par l'ajout d'un pavillon à droite de la cour d'honneur, où il fait probablement installer ses appartements.
A sa mort en 1751, son fils Denis poursuit les travaux en faisant construire un bâtiment en avant-corps au centre de la façade, puis un nouveau pavillon à l'extrémité gauche du château. Vers 1757, la Chevrette forme enfin ce E majuscule (et majestueux) qu'on lui connaît.
Dans ce nouveau pavillon se trouvent deux appartements : le premier, composé d'un petit salon particulier, d'un cabinet de toilette, d'une chambre à coucher et d'un boudoir fut vraisemblablement occupé par Louise d'Epinay. Le second appartement, composé d'une antichambre et d'une chambre à coucher accueillit certainement Grimm, l'amant de Louise. A toutes fins utiles, rappelons que Denis occupait alors l'ancien appartement de son père dans le pavillon de droite. 
A l'intérieur, mentionnons l'immense salon de réception. Parqueté, lambrissé sur tout le pourtour, il est éclairé par deux grandes croisées et une porte croisée qui donnent sur le parc. Au milieu du salon, par un jeu de contrepoids, on peut abaisser des panneaux qui séparent la pièce en deux. Gageons que l'effet produit devait être spectaculaire.
C'est en ce lieu que se noua le psychodrame (en 1756-57) qui fait le sujet de "la comédie des masques". C'est de ce même lieu que je vous écris aujourd'hui, même s'il est détruit depuis plus de deux siècles...