Tenu au gré de mes humeurs, ce blog raconte mon amour du XVIIIè siècle.
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mardi 4 mars 2014
Nous y sommes...
Il me manque encore un titre, mais maintenant qu'il est achevé, Louise pose un regard bienveillant sur mon travail...
vendredi 4 octobre 2013
samedi 6 octobre 2012
Le château de la Chevrette (3)
L'achat du château de la Chevrette par Monsieur Lalive de Bellegarde (1731) illustre la volonté de ce financier issu de la roture d'imiter le mode de vie des aristocrates versaillais. A l'instar de Claude Dupin à Chenonceau, Monsieur Lalive est avant tout en quête d'honorabilité. Pendant les vingt ans où il y demeurera, Monsieur de Bellegarde n'aura de cesse d'embellir cet édifice déjà centenaire. Il commence par l'ajout d'un pavillon à droite de la cour d'honneur, où il fait probablement installer ses appartements.
A sa mort en 1751, son fils Denis poursuit les travaux en faisant construire un bâtiment en avant-corps au centre de la façade, puis un nouveau pavillon à l'extrémité gauche du château. Vers 1757, la Chevrette forme enfin ce E majuscule (et majestueux) qu'on lui connaît.
Dans ce nouveau pavillon se trouvent deux appartements : le premier, composé d'un petit salon particulier, d'un cabinet de toilette, d'une chambre à coucher et d'un boudoir fut vraisemblablement occupé par Louise d'Epinay. Le second appartement, composé d'une antichambre et d'une chambre à coucher accueillit certainement Grimm, l'amant de Louise. A toutes fins utiles, rappelons que Denis occupait alors l'ancien appartement de son père dans le pavillon de droite.
A l'intérieur, mentionnons l'immense salon de réception. Parqueté, lambrissé sur tout le pourtour, il est éclairé par deux grandes croisées et une porte croisée qui donnent sur le parc. Au milieu du salon, par un jeu de contrepoids, on peut abaisser des panneaux qui séparent la pièce en deux. Gageons que l'effet produit devait être spectaculaire.
C'est en ce lieu que se noua le psychodrame (en 1756-57) qui fait le sujet de "la comédie des masques". C'est de ce même lieu que je vous écris aujourd'hui, même s'il est détruit depuis plus de deux siècles...
jeudi 21 octobre 2010
Le château de la Chevrette (2)
C'est la pièce de réception du château (grand salon) qui attire immédiatement notre attention. Si on observe le plan, on découvre qu'elle donne sur le jardin par deux croisées et une porte. Au centre de la pièce se trouvent quatre tableaux de Natoire ( peintre du XVIIIème) qu'on peut hisser par un système de contrepoids afin de doubler la taille du salon. C'est dans cette pièce que Louise d'Epinay reçoit Rousseau, Grimm, puis Diderot lors de ses séjours estivaux.
Dans le pavillon de gauche, on trouve la chambre de Louise d'Epinay (côté jardin), un cabinet de toilette, un boudoir, un cabinet d'aisance et l'appartement de Grimm (côté cour).
Dans le pavillon de droite se trouvent l'appartement de M. d'Epinay (côté jardin) et les communs réservés aux domestiques. Ces pièces communiquent avec les cuisines par un passage souterrain. Lesdites cuisines se trouvent dans un pavillon isolé, à droite dans la cour d'honneur.
Le 1er étage comporte une dizaine d'appartements, vraisemblablement réservés aux invités de marque et à leurs domestiques. En arrière-corps, côté cour, se trouve la chapelle.
Le 2nd étage se situe dans les combles du château : c'est là que logent les domestiques de la Chevrette. Une pièce sert de garde-meuble.
Ajoutez à cela les différents pavillons isolés : celui réservé aux cuisines (à droite dans la cour) et à la laverie ; celui réservé au jardinier, au concierge ( à gauche de la cour), précédant les écuries.
Dans le parc, on rencontre un bâtiment nommé l'orangerie. Mme d'Epinay y avait aménagé une immense salle de spectacle. Derrière cette orangerie se trouve la ferme de la Chevrette.
Pour rendre compte des dimensions de ce domaine :
- un ensemble intra-muros de 37 hectares
- un château de 51 mètres de façade
- une avant-cour de 48 mètres sur 35
- une cour d'honneur de 32 mètres sur 35
mercredi 23 juin 2010
Le château de la Chevrette
Ce château n'existe plus. Je l'ai pourtant visité bien des fois. La nuit, alors que je m'endormais...
Rendons hommage tout d'abord à Michel Bourlet et à son ouvrage "les grandes heures du château de la Chevrette". L'auteur y reproduit l'état des lieux effectué par les experts chargés de la succession de M. d'Epinay. On y découvre dans les détails un domaine de 37 hectares, un château de 50 mètres de façade, la distribution des pièces, étage par étage... C'est dans cette demeure située à Deuil, au nord de Paris, que les d'Epinay venaient passer la belle saison. C'est ici que Louise accueillit Jean-Jacques en 1756. Elle l'installa dans son "Ermitage", en bordure de la forêt de Montmorency. Les deux ailes extérieures (en retrait sur l'illustration) étaient affectées aux appartements privés : d'un côté, ceux de M. d'Epinay ; de l'autre, ceux de Louise et de son amant Grimm. J'imagine combien cette situation peut sembler inconcevable à bon nombre d'entre vous. Il faut toutefois imaginer qu'à cette époque, la fidélité au conjoint, loin d'être une vertu, vous laissait plutôt une réputation de "ridicule", notamment dans le milieu aristocratique. L'idéal actuel du couple uni par le sentiment amoureux ne s'est imposé qu'au cours du XVIIIème siècle, en premier lieu chez les bourgeois.
Pour en revenir au château, il fut détruit peu avant la Révolution, pour des raisons demeurées obscures. C'est ainsi que disparut dans sa quasi totalité ce domaine que certains surnommaient le Versailles deuillois.
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