dimanche 4 mai 2014

La Nouvelle Messaline, par Pyron : tragédie en un acte (1)


La nouvelle Messaline, tragédie en un acte

(par Pyron, dit Prepucius)



Lassée du peu de vigueur de son amant Vitus, Messaline a convoqué trois de ses prétendants ; car, a-t-elle dit, « celui qui de vous trois est le plus vigoureux, entrera dans mon lit, en me foutant le mieux. »



SCENE V

MESSALINE, PINEZ, MATRICIUS, NOMBRILIS

(…)



MESSALINE.
Ne perdons pas de temps à des discours frivoles;
Il faut des actions et non pas des paroles. ,
Nombrilis, en ces lieux, me foutra le premier,
Matricius ensuite, et Pinez, Ie dernier.
Allons au dieu Priape offrir ce sacrifice :
Suivez-moi, Nombrilis, venez, entrez en lice ;
Couchons-nous sur ce lit... je décharge déjà;
Et toi, décharges-tu?
 
NOMBRILIS.
                               
Laisse faire, va, va.
 
MESSALINE.
Mais, quoi! ton vit débande, et le lâche recule;
Je te croyais au moins la force d'un Hercule :
Retire-toi d'ici, laisse-moi, pousse-mol,
Que le diable t’emporte et le casse le col.
Venez, Matricius, et remplissez la place:
Quand je suis tout un feu, d'où vous vient cette glace ?
Où donc est votre vit?
 
MATRICIUS.
                                 
Madame, le voilà.
 
MESSALINE.
Je tombe, juste ciel, de Charibde en Scylla ; Vous ne pouvez bander; dieux! quel funeste orage!
(A Pinez. )
Quoi ! dans un si beau champ vous manquez du courage

PINEZ
Madame, je bandais, mais je ne bande plus.

MESSALINE
Ah! c’est trop en un jour essuyer de refus.
Bande-à-l'aise, fuyez, ôtez-vous de ma vue;
Vos vits ne bandent pas quand je suis toute nue ?
Fuyez, dis-je, fuyez, craignez les mouvemens  Qu’exciterait l'ardeur de mes ressentimens.

SCENE VI

MESSALINE, seule
O rage ! ô désespoir! ô Vénus ennemie!
Étais-je réservée à cette ignominie?
N'ai-je donc encensé ton temple et tes autels
Que pour être l’objet du faible des mortels?
Tu peux voir aujourd’hui rater ces quatre infâmes
Et n’entreprendre pas la vengeance des femmes?
N'est-ce donc pas pour toi le plus sanglant affront,
Qu'on m'ait enfin réduite à me branler le con ?
Venge-toi, venge-moi, saisis-toi de la foudre,
Et que leurs vits molets soient tous réduits en poudre.
O terre! entr'ouvre-toi sous leurs pas chancelans !
Déesses des enfers, inventez des tourmens ;
Creusez à chaque instant abyme sur abyme,
Qu'ils apprennent enfin comme on punit le crime:
Et, renversant pour eux les ordres des destins.
Faites qu'après leur mort ils foutent des putains,
Dont les cons vérolés, du fond de leurs matrices, 
Ne lancent sur leur vit que poulains, chaudes-pisses; Que de sales morpions leur corps soit tout couvert; Qu'ils déchargent toujours un foutre jaune et vert,
Et qu'un chancre brûlant , en tourmentant leur âme,
Leur apprenne sans cesse à rater une femme.


SCENE VII
MESSALINE, UN GARDE

LE GARDE.
Madame, votre père en ce moment arrive,
Le Peuple, pour le voir, s’empresse sur la rive :
On n’entend que des cris :mais il entre en ces lieux ;
Cachez-lui, pour un temps, le trouble de vos yeux.
( à suivre) 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour commenter cet article...