samedi 9 août 2014

Mme du Châtelet vue par Sainte-Beuve (1)

Critique littéraire et écrivain, Charles-Augustin Sainte-Beuve a également été un observateur avisé du siècle des Lumières. Dans ses Causeries du Lundi, il a notamment brossé les portraits des grandes salonnières du XVIIIè siècle. 
 
Sainte Beuve
Aujourd’hui, je continuerai de parler de Voltaire et de son amie Mme du Châtelet, qui s’offre à nous comme inséparable de lui durant quinze ans. Je n’ai pu que la montrer en passant dans le récit de Mme de Grafigny, et par les côtés les moins avantageux. Mme du Châtelet n’était pas une personne vulgaire; elle occupe dans la haute littérature et dans la philosophie un rang dont il était plus aisé aux femmes de son temps de sourire que de le lui disputer. L’amour, l’amitié que Voltaire eut pour elle était fondé sur l’admiration même, sur une admiration qui ne s’est démentie à aucune époque; et un homme comme Voltaire n’était jamais assez amoureux pour que l’esprit chez lui pût être longtemps la dupe du coeur. Il fallait donc que Mme du Châtelet eût de vrais titres à cette admiration d’un juge excellent, et c’est un premier titre déjà que de l’avoir su à ce point retenir et charmer.
Emilie du Châtelet
     Elle était de son nom Mlle de Breteuil, née en 1706. de douze ans plus jeune que Voltaire. Elle eut une éducation forte, et apprit le latin dès l’enfance. Mariée au marquis du Châtelet, elle vécut d’abord de la vie de son temps, de la vie de Régence, et le duc de Richelieu put l’inscrire sur la liste de ses brillantes conquêtes. Voltaire, qui l’avait rencontrée de tout temps, ne se lia étroitement avec elle qu’après son retour d’Angleterre vers 1733. Il avait trente-neuf ans, et Mme du Châtelet vingt-sept. Leurs esprits se convinrent et s’éprirent. La mission de Voltaire, à ce moment, était de naturaliser en France les idées anglaises, les principes philosophiques qu’il avait puisés dans la lecture de Locke, dans la société de Bolingbroke; mais surtout, ayant apprécié la solidité et l’immensité de la découverte de Newton, et rougissant de voir la France encore amusée à de vains systèmes, tandis que la pleine lumière régnait ailleurs, il s’attacha à propager la vraie doctrine de la connaissance du monde, à laquelle il mêlait des idées de déisme philosophique. Mme du Châtelet était femme à le seconder, que dis-je ? à le précéder dans cette voie.
     Elle aimait les sciences exactes et s’y sentait poussée par une véritable vocation. S’étant mise à étudier les mathématiques, d’abord avec Maupertuis, et ensuite plus à fond avec Clairaut, elle y fit des progrès remarquables et dépassa bientôt Voltaire, qui se contentait de l’admirer sans pouvoir la suivre. Mme du Châtelet publia des Institutions de Physique, où elle s’est plu à exposer les idées particulières de Leibniz; mais son grand titre est d’avoir traduit en français le livre immortel des Principes de Newton; elle y a joint un Commentaire algébrique, auquel Clairaut a mis la main. Ainsi en inscrivant son nom au bas de l’oeuvre de Newton elle semblait appeler déjà la méthode d’exposition de M. de Laplace. Quel honneur pour une femme de pouvoir glisser son nom entre de tels noms!
Maupertuis
 Cet honneur-là, Mme du Châtelet, de son vivant, l’aurait payé un peu cher, si elle avait été sensible aux railleries et aux épigrammes. Autrefois, la belle Hypatie, célèbre mathématicienne et astronome, avait été lapidée à Alexandrie par le peuple. Mme du Châtelet, qui était moins belle, à ce qu’il semble, et qui n’avait pas non plus toutes les vertus d’Hypatie, ne fut point lapidée comme elle, mais elle essuya les fines moqueries de ce monde où elle vivait, le plus spirituel des mondes et le plus méchant. Je ne crois pas qu’il existe en français de page plus sanglante, plus amèrement et plus cruellement satirique, que le Portrait de Mme du Châtelet, de la divine Émilie, tracé par Mme du Deffand (une amie intime), et qui commence par ces mots: « Représentez-vous une femme grande et sèche, sans etc., etc. » (ndlr : pour le portrait complet, voir en bas de page) C’est chez Grimm qu’il faut lire ce Portrait, qui a été mutilé et adouci ailleurs; on n’ose en rien transcrire, de peur de brûler le papier. Il semble avoir été tracé par une Furie à froid, qui sait écrire, et qui grave chaque trait en trempant sa plume dans du fiel ou dans du vitriol. Le mot impitoyable, à chaque ligne, est trouvé. On refuse à la pauvre victime, non seulement le naturel de ses qualités, mais même celui de ses défauts. Le trait final est aussi le plus perfide et le plus humiliant; on l’y montre comme s’attachant à tout prix à la célébrité de M. de Voltaire: « C’est lui qui la rend l’objet de l’attention du public et le sujet des conversations particulières; c’est à lui qu’elle devra de vivre dans les siècles à venir, et, en attendant, elle lui doit ce qui fait vivre dans le siècle présent. »
     Pour compléter la satire, il faut joindre à ce Portrait de Mme du Châtelet, par Mme du Deffand, les Lettres de Mme de Staal (De Launay) à la même Mme du Deffand, où nous est représentée si au naturel, mais si en laid, l’arrivée de Mme du Châtelet et de Voltaire, un soir chez la duchesse du Maine, au château d’Anet: « Ils apparaissent sur le minuit comme deux spectres, avec une odeur de corps embaumés. » Ils défraient la société par leurs airs et leurs ridicules, ils l’irritent par leurs singularités; travaillant tout le jour, lui à l’histoire, elle à Newton, ils ne veulent ni jouer, ni se promener: « Ce sont bien des non-valeurs dans une société où leurs doctes écrits ne sont d’aucun rapport. » Mme du Châtelet surtout ne peut trouver un lieu assez recueilli, une chambre assez silencieuse pour ses méditations:
     « Mme du Châtelet est d’hier à son troisième logement, écrit, Mme de Staal; elle ne pouvait plus supporter celui qu’elle avait choisi; il y avait du bruit, de la fumée sans feu, il me semble que c’est son emblème. Le bruit, ce n’est pas la nuit qu’il l’incommode, à ce qu’elle m’a dit, mais le jour, au fort de son travail; cela dérange ses idées. Elle fait actuellement la revue de ses Principes; c’est un exercice qu’elle réitère chaque année, sans quoi ils pourraient s’échapper, et peut-être s’en aller si loin, qu’elle n’en retrouverait pas un seul. Je crois bien que sa tête est pour eux une maison de force, et non pas le lieu de leur naissance; c’est le cas de veiller soigneusement à leur garde. Elle préfère le bon air de cette occupation à tout amusement, et persiste à ne se montrer qu’à la nuit close. Voltaire a fait des vers galants qui réparent un peu le mauvais effet de leur conduite inusitée. »
    
Mme de Staal-Delaunay
On a le ton de cette satire sous la plus fine et la plus spirituelle des plumes féminines. En lisant ces Lettres de Mme de Staal à Mme du Deffand, on ne peut s’empêcher pourtant de remarquer, au milieu de cette société la plus civilisée et la plus douce en apparence, de quelle nature triste est cette gaieté dénigrante de deux femmes qui s’ennuient, quel vide intellectuel et moral suppose une telle médisance plus désoeuvrée encore que méchante, quelle sécheresse amère et stérile! Il était temps, à la fin, que le feu du ciel tombât et prît à toute cette paille sèche pour renouveler la terre.
     Mme du Châtelet échappait du moins à ces misères du dehors, et ses nobles études, ses hautes distractions mêmes, la mettaient à l’abri des petites vues où se consumaient autour d’elle des esprits si distingués. Voltaire se trompait peut-être et avait le bandeau sur les yeux quand il écrivait: « Jamais personne ne fut si savante qu’elle, et jamais personne ne mérita moins qu’on dît d’elle: C’est une femme savante... Les dames qui jouaient avec elle chez la reine étaient bien loin de se douter qu’elles fussent à côté du Commentateur de Newton: on la prenait pour une personne ordinaire. » Mais il a raison quand il ajoute: « Tout ce qui occupe la société était de son ressort, hors la médisance. Jamais on ne l’entendit relever un ridicule. Elle n’avait ni le temps ni la volonté de s’en apercevoir; et quand on lui disait que quelques personnes ne lui avaient pas rendu justice, elle répondait qu’elle voulait l’ignorer. » Quand les mathématiques de Mme du Châtelet n’auraient servi qu’à lui donner cette supériorité morale, c’était quelque chose.
     Nous pouvons la juger directement par des lettres d’elle, par des écrits de morale où elle se peint. Laissons donc les anecdotes, renvoyons-y les curieux, et écoutons ses paroles. Dès les premiers temps de l’étroite liaison de Mme du Châtelet et de Voltaire (1734), celui-ci, ayant pris l’alarme sur un avis qui lui était venu, avait cru devoir partir de Cirey en plein hiver, et était passé pour plus de sûreté en Hollande. Mme du Châtelet, dans l’ardeur de son inquiétude, écrit au tendre ami de son ami, à M. d’Argental, pour qu’il éclaircisse l’affaire et qu’il ménage le retour de celui sans qui elle ne peut vivre. Ces Lettres, publiées en 1806 par M. Hochet, sont touchantes et parfois admirables de ton et de passion; on y sent, dès les premiers mots, la femme qui aime:
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    « Je suis à cent cinquante lieues de votre ami, et il y a douze jours que je n’ai eu de ses nouvelles. Pardon, pardon; mais mon état est horrible...
     « Il y a quinze jours que je ne passais point sans peine deux heures loin de lui; je lui écrivais alors de ma chambre à la sienne; et il y a quinze jours que j’ignore où il est, ce qu’il fait; je ne puis pas même jouir de la triste consolation de partager ses malheurs. Pardonnez-moi de vous étourdir de mes plaintes; mais je suis trop malheureuse. »
     On craint un danger, mais on ne sait pas bien lequel. Mme du Châtelet soupçonne que cette menace pourrait bien avoir été un coup monté contre elle, pour effrayer Voltaire, pour l’éloigner et déconcerter leur bonheur. On voit dans chacune de ses lettres combien elle se méfie de la sagesse du poète quand il est loin d’elle, abandonné sans conseil à toutes ses irritations, à ses premiers mouvements et à ses pétulances: « Croyez-moi, dit-elle à d’Argental, ne le laissez pas longtemps en Hollande; il sera sage les premiers temps, mais souvenez-vous qu’il est peu de vertus qui résistent sans cesse. »
     Si elle avait lu La Fontaine autant que Newton, elle citerait, pour le coup, ces vers charmants du bonhomme qui vont si bien à Voltaire et à toute la race:
 
Puis fiez-vous à rimeur qui répond
D’un seul moment! Dieu ne fit la sagesse
Pour les cerveaux qui hantent les neuf Soeurs;
Trop bien ont-ils quelque art qui vous peut plaire,
Quelque jargon plein d’assez de douceurs, 
Mais d’être sûrs ce n’est là leur affaire.
     
Elle ne cesse de lui faire recommander, par d’Argental, la sagesse et l’incognito. L’incognito à Voltaire, cet homme, cet enfant amoureux de la célébrité! On voit combien elle tient à la vie et au bonheur avec lui, à un bonheur pour toujours. Elle craint qu’il ne s’accoutume là-bas à se passer d’elle; la liberté a de grands charmes, et les libraires hollandais aussi, ces libraires qui vous tentent de tout imprimer et de tout dire. Elle a l’idée fixe qu’il soit sage là-bas, et ne se permette rien de trop dans ses Éditions de Hollande, afin de pouvoir revenir ensuite et de jouir ensemble de la félicité à Cirey: « Surtout qu’il n’y mette pas le Mondain! » (Charmant Mondain! c’était une affaire d’État alors, et l’avenir d’un homme en dépendait.) — « Il faut à tout moment, s’écrie-t-elle, le sauver de lui-même, et j’emploie plus de politique pour le conduire que tout le Vatican n’en emploie pour retenir la Chrétienté dans ses fers. » Ce dernier trait est au moins solennel et peut sembler disproportionné, mais c’est ainsi que raisonne la passion. Tout à côté, Mme du Châtelet parlera de lui comme d’un enfant, avec sollicitude, avec tendresse: « Nous sommes quelquefois bien entêté, dit-elle en souriant, et ce démon d’une réputation que je trouve mal entendue ne nous quitte point. » Dans ces lettres à d’Argental, nous retrouvons la Mme du Châtelet passionnée et tendre, celle que Voltaire nous a si bien peinte en deux mots, un peu philosophe et bergère.
le château de Cirey
     Elle a des accents vrais, et dont l’excès même ne déplaît pas. Dans un moment elle s’exagère les périls; son imagination va jusqu’à se représenter Voltaire peu en sûreté même en Hollande: « Je ne sais, écrit-elle à d’Argental, si vous daignerez me rassurer sur cette crainte, vous penserez que je deviens folle. Je suis un avare à qui l’on a arraché tout son bien, et qui craint à tout moment qu’on ne le jette dans la mer. »
     Voltaire continue en Hollande de faire des imprudences et d’obéir à sa nature; il envoie au Prince royal de Prusse (qui va être le grand Frédéric) un manuscrit sur la Métaphysique, et cette Métaphysique, si elle s’imprime, est de telle sorte qu’elle peut perdre à jamais son homme. Mme du Châtelet sent la faute; elle s’en plaint à d’Argental avec tristesse, avec éloquence:
     Si un ami de vingt ans lui demandait ce manuscrit, il devrait le lui refuser; et il l’envoie à un inconnu et prince! Pourquoi, d’ailleurs faire dépendre sa tranquillité d’un autre, et cela sans nécessité, par la sotte vanité (car je ne puis falsifier le mot propre) de montrer, à quelqu’un qui n’en est pas juge, un ouvrage où il ne verra que de l’imprudence? Qui confie si légèrement son secret, mérite qu’on le trahisse; mais moi, que lui ai-je fait pour qu’il fasse dépendre le bonheur de ma vie du Prince royal? Je vous avoue que je suis outrée. »
     C’est là une plainte d’amante qui est dans son droit; mais, au même moment, elle l’aime; elle l’appelle « une créature si aimable en tout point; » elle ne voit que lui dans l’univers, et le proclame sans trop de prévention « le plus bel ornement de la France. » Il lui échappe quelque part ce mot heureux: « Pour moi, je crois que les gens qui le persécutent ne l’ont jamais lu. » Elle est évidemment séduite et sous le charme: l’amour, pour entrer là, a pris le chemin de l’esprit.
     Une réflexion pourtant se présente, et elle-même n'était pas sans se la faire: quelle témérité d’aller confier son bonheur, sa destinée, tout son avenir comme femme, à un homme de lettres, aussi homme de lettres que Voltaire, à un poète aussi poète, et à la merci, chaque matin, de son tempérament irritable Le sort des deux êtres unis se trouvait ainsi toujours remis au hasard d’une vanité ou d’une pétulance.
Voltaire
     À propos de ces perpétuels dérangements que les incartades de Voltaire apportaient dans l’existence de Mme du Châtelet, les bonnes âmes d’alors ne tarissaient pas; on la plaignait hautement; le président Hénault, un des meilleurs amis, écrivait un jour à Mme du Deffand: « La pauvre du Châtelet devrait faire mettre, dans le bail de toutes les maisons qu’elle loue, la clause de toutes les folies de Voltaire. Véritablement, il est incroyable que l’on soit si inconsidéré. »
     Elle était plus à plaindre que lui en effet, même dans leurs infortunes à tous deux; elle avait moins de quoi se consoler. Il y a un joli mot de Saint-Lambert, autre homme de lettres s’il en fut, et qui s’y connaissait. On plaignait devant lui Jean-Jacques Rousseau qui avait été forcé de fuir: « Ne le plaignez pas trop, dit-il, il voyage avec sa maîtresse la Réputation. » Cette maîtresse-là est toujours la rivale, plus ou moins secrète, de l’autre maîtresse qui croit régner. 
( à suivre)

Voici le portrait qu'a laissé Mme du Deffand d'Emilie du Châtelet (Correspondance Littéraire, 1777)
Représentez-vous une femme grande et sèche, sans cul, sans hanches, la poitrine étroite, deux petits tétons arrivant de fort loin, de gros bras, de grosses jambes, des pieds énormes, une très-petite tête, le visage aigu, le nez pointu, deux petits yeux vert-de-mer, le teint noir, rouge, échauffé, la bouche plate, les dents clair-semées et extrêmement gâtées.  Voilà la figure de la belle Émilie, figure dont elle est si contente qu'elle n'épargne rien pour la faire valoir: frisure, pompons, pierreries, verreries, tout est à profusion; mais, comme elle veut être belle en dépit de la nature, et qu'elle veut être magnifique en dépit de la fortune, elle est souvent obligée de se passer de bas, de chemises, de mouchoirs et autres bagatelles. Née sans talents, sans mémoire, sans goût, sans imagination, elle s'est faite géomètre pour paraître au-dessus des autres femmes, ne doutant point que la singularité ne donne la supériorité. Le trop d'ardeur pour la représentation lui a cependant un peu nui. Certain ouvrage donné au public sous son nom, et revendiqué par un cuistre, a semé quelques soupçons ; on est venu à dire qu'elle étudiait la géométrie pour parvenir à entendre son livre. Sa science est un problème difficile à résoudre. Elle n'en parle que comme Sganarelle parlait latin, devant ceux qui ne le savaient pas.

Belle, magnifique, savante, il ne lui manquait plus que d'être princesse ; elle l'est devenue, non par la grâce de Dieu, non par la grâce du roi, mais par la sienne. Ce ridicule a passé comme les autres. On la regarde comme une princesse de théâtre, et l'on a presque oublié qu'elle est femme de condition. On dirait que l'existence de la divine Émilie n'est qu'un prestige ; elle a tant travaillé à paraître ce qu'elle n'était pas qu'on ne sait plus ce qu'elle est en effet. Ses défauts mêmes ne lui sont peut-être pas naturels, ils pourraient tenir à ses prétentions ; son impolitesse et son inconsidération, à l'état de princesse ; sa sécheresse et ses distractions, à celui de savante ; son rire glapissant, ses grimaces et ses contorsions, à celui de jolie femme. Tant de prétentions satisfaites n'auraient cependant pas suffi pour la rendre aussi fameuse qu'elle voulait l'être : il faut, pour être célèbre, être célébrée ; c'est à quoi elle est parvenue en devenant maîtresse déclarée de M. de Voltaire. C'est lui qui la rend l'objet de l'attention du public et le sujet des conversations particulières ; c'est à lui qu'elle devra de vivre dans les siècles à venir, et en attendant elle lui doit ce qui fait vivre dans le siècle présent.

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